Le constat de la chambre régionale des comptes
« Le Département a mobilisé toutes ses marges de manœuvre en matière de fiscalité perçue. L'absorption du déficit relève donc de sa capacité à agir sur ses dépenses. »
Tout part d'un constat de la chambre régionale des comptes elle-même.
Le constat de la chambre régionale des comptes
« Le Département a mobilisé toutes ses marges de manœuvre en matière de fiscalité perçue. L'absorption du déficit relève donc de sa capacité à agir sur ses dépenses. »
La chambre le dit : le Département a épuisé ses leviers fiscaux. En réalité, il ne lui en reste plus aucun de significatif. L'État lui a retiré, l'un après l'autre, les impôts dont il pouvait fixer le taux : la taxe professionnelle (supprimée en 2010), puis la taxe foncière sur le bâti, son dernier vrai levier, transférée aux communes en 2021. Ne subsiste qu'une part des droits de mutation, déjà au maximum du plafond légal. Le Département ne peut donc plus jouer sur ses recettes : il ne lui reste qu'à agir sur ses dépenses. Soit. Mais sur lesquelles ?
Pas sur les allocations, ni sur les pompiers, ni sur les collèges : la loi oblige à payer d'abord ces dépenses imposées (RSA, APA, handicap, SDIS) que l'État a transférées sans les compenser entièrement. Elles passent avant tout le reste.
Il ne reste donc qu'une variable d'ajustement : les dépenses au plus près du territoire : sport amateur, culture, aide aux associations, soutien aux communes. Ce ne sont pas des dépenses « de luxe » : c'est l'expression de la libre administration du Département (article 72 de la Constitution). Voici ce qu'il a déjà dû y sacrifier.
-17,4 %
27,2 M€ (2024) → 22,5 M€ (2026) (−4,7 M€)
Les associations girondines qui accompagnent les femmes victimes de violences, les missions locales pour les jeunes, les clubs amateurs voient leur enveloppe globale réduite de près d'un cinquième.
-50 %
2,43 M€ (2025) → 1,22 M€ (2026) (−1,21 M€)
Les subventions aux clubs sportifs amateurs sont divisées par deux entre 2025 et 2026.
-57,6 %
1,83 M€ (2025) → 774 k€ (2026) (−1,05 M€)
Festivals, compagnies, médiation culturelle : l'accompagnement départemental est ramené à 42 % de ce qu'il était en 2025.
−455 postes en 2025‑2026 (255 en 2025 + 200 en 2026). Cible de 655 postes supprimés à l'horizon 2028.
455 postes supprimés sur deux ans. Action sociale, accompagnement RSA, instruction PCH, fonctionnement collèges, voirie : tous les services sont touchés.
-40 %
5,2 M€ (2025) → 3,1 M€ (2026) (−2,1 M€)
Le Département a renoncé au coussin de sécurité habituel pour absorber un imprévu : tempête, urgence sociale, contentieux.
−8,7 M€ d'inscription budgétaire en 2026
La mise en place du paiement net en EHPAD justifie l'essentiel de la baisse, mais l'effet sur les établissements publics est immédiat.
Réorientation des placements vers le milieu ouvert
Les placements en établissement diminuent au profit du milieu ouvert. Économies structurelles, mais à effectifs sociaux constants ce sont les éducateurs qui supportent l'effort.
-2,4 %
25,93 M€ (2024) → 25,34 M€ (2026) (−581 k€)
Une décote forfaitaire de 6 % est appliquée à la dotation des collèges en dépit de l'augmentation des effectifs scolarisés et du nombre d'établissements.
Enveloppes contraintes, projets d'investissement reportés
Plusieurs communes rurales de moins de 1 000 habitants ont vu leur projet d'investissement reporté faute de soutien départemental.
Tout cela, et ce n'est toujours pas assez.
Ces sacrifices n'ont pas comblé le trou, et ils ne le combleront pas : il se reforme chaque année. Pour voir pourquoi, regardons l'écart, année après année, entre ce que l'État transfère et ce qu'il compense réellement.